Le Jardin Lecoq
D’une surface de cinq hectares, situé en plein cœur de la ville, le Jardin Lecoq, encore souvent appelé « jardin des plantes », est sans doute un des parcs publics (parmi les rares que compte la ville) les plus populaires de Clermont-Ferrand. On vient de tous les quartiers, de toutes les communes de banlieues, mais aussi en tant que visiteur de la ville ; tous viennent se détendre et admirer les beautés de ce petit paradis en centre-ville, précieux et rare poumon vert urbain.
C’est le paysagiste Paul de Lavenne, comte de Choulot, qui a conçu ce très beau parc à l’anglaise. Le nom du parc rend hommage à Henri Lecoq, fameux botaniste clermontois.
Le parc est situé sur l’emplacement d’un ancien château de la famille de Bien-Assis, datant du XVIIème siècle. De cette majestueuse propriété, ne reste qu’une porte monumentale en arc, particulièrement bien conservée et intégrée au sein du parc, surplombant le grand bassin.
Vue sur la porte du Domaine de Bien-Assis et sur le grand bassin.
Maintes fois réorganisé, la ville continue perpétuellement d’innover dans les créations florales. Aujourd’hui, le parc fait la part belle à la verdure, aux jeux d’enfants.
Les Clermontois ont été marqués par la présence de deux otaries et de quelques animaux atypiques dans un enclos aujourd’hui démoli qui se situait entre la roseraie et le grand bassin, grand bassin où ne subsistent que quelques canards et deux beaux cygnes. Ces deux otaries étaient devenues l’attraction principale du parc, en devenant à leur manière le symbole du jardin Lecoq.
La ballade dans le parc est un vrai enchantement, et en flânant on peut s’émerveiller devant les multiples essences d’arbres présentes, où devant les centaines de variétés de fleurs. Il est indéniable que la municipalité entretient ce parc avec un très grand soin. Au fur et à mesure de la ballade, on peut également contempler diverses œuvres d’art, comme des sculptures, statues, mais aussi fontaines, comme celle du génie des eaux. Une roseraie, à l’ouest du parc, permet aux plus romantiques d’entre nous d’échanger des baisers interminables, ou simplement au plus petits d’entre nous de s’émerveiller devant la petite fontaine aux anges alimentant un bassin rempli de carpes. Au cœur du parc, plusieurs petites cascades artificielles confèrent au jardin un aspect un peu sauvage, une fraicheur précieuse au cœur de la ville.

Le Jardin Lecoq aux premiers frémissements de l'automne
A deux pas de ces cascades, une belle brasserie, rénovée récemment pour retrouver son charme de l’époque des guinguettes, permet de rassasier les estomacs criants, et de combler les soifs. Tout près de là, un manège attire de nombreux bambins.
Bref, quel que soit votre âge, vos loisirs, vos envies, il y en a pour tous les gouts au Jardin Lecoq.
En perpétuelle évolution, mais sans jamais perdre son âme et son charme magique, la municipalité a autorisé depuis 2008 de s’allonger dans les vastes pelouses du parc, devenant ainsi un lieu de sieste et de bronzage privilégié, surtout dès que les premiers rayons de soleil du printemps apparaissent.
Enfin, depuis quelques mois, tout le parc est devenu une zone wifi, pour les mordus d’internet.
Par Thomas
Bibendum à Clermont
Accostez un personnage lambda dans une ville X. Demandez-lui ce que la ville de Clermont-Ferrand lui évoque. Il vous répondra à coup sûr Michelin.

Le pneu Radial Michelin
De la même manière, prenez pour exemple les panneaux d’information touristique sur les autoroutes (les fameux panneaux marrons, qui vous annoncent soit l’arrivée dans une ville, près d’un site particulier, ou une vue quelconque) ; ceux concernant Clermont-Ferrand sont explicites : un pneu, une montagne, une pellicule de film. Michelin, le parc des Volcans, le festival du Court-Métrage. N’en déplaise à certains, la Manufactures Michelin est bel et bien un des plus forts symboles de notre ville.
Mais Michelin, c’est quoi ?
L’entreprise Michelin est spécialisée dans la fabrication de pneumatiques. Elle occupe 20% du marché mondial, ce qui lui

Le fameux Bibendum Michelin
accorde la première place. Outre les pneus, pour lesquels elle se démarque par l’invention du pneu à structure radiale en 1946 et du pneu vert (qui réduit la résistance au roulement des véhicules) dans les années 2000, Michelin a aussi su se démarquer dans l’édition. Le guide Michelin, qui a fêté son centenaire en 2009 regroupe toutes les bonnes adresses de restaurant, d’auberges et d’hôtels dans toute la France. Les cartes routières Michelin occupent une part de marché importante, juste derrière celles éditées par IGN ; le site internet Viamichelin s’inscrit dans une démarche moderne d’utilisation des nouvelles technologies, en proposant au même titre que Mappy des plans et des itinéraires gratuits sur internet.
De même, dans les années 1930, le groupe Michelin s’est investi dans la construction d’autorails, la fameuse Micheline, équipée de « pneurails » spéciaux, créés par la compagnie. Entre 1920 et 1970, la Société produisait également des plaques de signalisation routière, dont certaines sont encore visibles sur certaines routes de France.
Michelin et Compagnie naît en 1889, fondée par les frères André et Edouard Michelin, près de la place des Carmes, en lieu et place du siège social actuel (Rue Henri Barbusse). Comme le raconte l’histoire, suite à la visite d’un touriste anglais dont le vélo (équipé de pneumatiques Dunlop) était crevé, ils inventent et brevètent en 1891 le pneu démontable pour bicyclette. En 1907, une deuxième usine ouvre ses portes sur le site de Cataroux et une troisième à Turin. 1908 voit l’invention du pneu jumelé pour les camions. En 1916, Michelin construit la première piste d’aviation cimentée qui permet le décollage des avions Bréguet-Michelin construits pour la guerre, d’abord offerts puis vendus à prix coûtant. En 1926, c’est le premier Guide Vert qui voit le jour, édité sur la Bretagne. En 1927, l’usine compte plus de 10 000 employés à Clermont-Ferrand.

Siège Social des Établissements Michelin
En 1944, Michelin signe un accord secret avec l’Etat-Major Allié pour la réimpression de cartes Michelin à Washington afin de faciliter la progression des troupes après le débarquement de Normandie.
En 1970, les établissements Michelin emploient plus de 30 000 personnes à Clermont, contre environ 14 000 aujourd’hui.
Le paternalisme de Michelin a fortement marqué la ville, notamment dans la création des cités Michelin, dans de nombreux quartiers de la ville. Toujours présentes pour la plupart, rénovées depuis, elles ont été en majorité rachetées par les employés de la Manufacture. En outre, le paysage clermontois demeure fortement marqué par Michelin. A l’entrée de Clermont-Ferrand, les rampes d’essai communément appelées « les Pistes » sont toujours visibles même si désaffectées (un projet de réhabilitation est en cours). Le stade de rugby accueillant l’équipe ASM porte le nom de Marcel Michelin, et la grande avenue ouvrant sur Clermont porte le nom d’Edouard Michelin. De plus, sur pression de la Manufacture, Clermont est la première ville à avoir adopté un tramway bidirectionnel sur pneumatiques. Enfin, il subsiste également des traces des aménagements réalisés pour les employés Michelin : cliniques, piscine, coopératives etc. La coopérative de Mai, grande salle de spectacles de Clermont, est issue de la réhabilitation d’une coopérative Michelin.

Une Micheline, l'autorail créé par Michelin
NB : La Société Michelin a récemment ouvert un musée dans une partie de ses bâtiments, rénovés pour l’occasion. L’Aventure Michelin, située derrière le Stade Marcel Michelin (rue du Clos Four) retrace l’histoire des créations Michelin.
L’Hôtel Dieu
Sis à l’autre bout du plateau central, l’Hôtel Dieu rend écho à la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption. Construit, si ce n’est dans un style semblable car plus ancien, dans la même pierre, en 1773, il vient remplacer l’ancien Hôpital de la Charité qui occupait les mêmes terrains.

Entrée de l'Hôtel Dieu et vue sur la cour intérieure, identiques depuis 1773.
Ouvert sur deux hectares d’espaces verts, orientés en direction de Puy-de-Dôme, il répond à une volonté d’hygiène accrue, face à l’exigüité et à l’insalubrité des autres hôpitaux clermontois. Les salles communes qui l’occupent bénéficiaient d’une excellente ventilation, parfois trop importante : on les appelait souvent les salles des courants d’airs ! La présence des espaces verts, aujourd’hui occupés par l’adjonction de nouveaux bâtiments au style plus ou moins flatteur et de parkings, permettait aux malades de longues promenades de convalescence.
Si aujourd’hui l’Hôtel Dieu n’est pas considéré comme un modèle architectural, c’est certainement en raison de son mauvais état général, et également à cause de la construction, notamment au 19ème siècle, de nouveaux bâtiments, que l’on voulait fonctionnels avant d’être beaux. Toutefois, l’entrée principale et la cour intérieure et leurs façades respectives sont restées intactes, ainsi que certaines salles.

Une salle de l'Hôtel Dieu, conservée en son état d'origine
Réservé aux pauvres, mendiants, enfants et prostituées, et gérés par des congrégations religieuses, comme tous les hôpitaux de l’époque, l’Hôtel Dieu deviendra pendant la Révolution le Grand Hospice de l’humanité souffrante. Ce n’est qu’à la fin du 19ème siècle qu’il deviendra un véritable hôpital médico-chirurgical.
Il fait aujourd’hui partie du Centre Hospitalier Universitaire de Clermont-Ferrand, et accueille un nombre importants de services, notamment de pédiatrie et de chirurgie infantile. Sur la même parcelle, se sont également bâtis la Polyclinique Philippe Marcombes et la Faculté dentaire.
Voué à fermer ses portes en 2010 en raison de la construction d’un véritable pôle mère-enfant sur le site du nouvel hôpital d’Estaing, plus moderne, son sort n’est pas encore fixé.
Il a fait l’objet d’un concours de jeunes architectes en 2007, quant à sa réhabilitation. En effet, rappelons qu’il occupe une superficie de plus de deux hectares en hyper-centre. Les dernières rumeurs voudraient qu’il devienne la future grande bibliothèque qui devait au départ se tenir dans les locaux de l’ancienne gare routière, qui elle accueillera la Comédie. Espérons simplement que les bâtiments les plus beaux soient conservés, et que l’ensemble soit mis en valeur.
L’église Saint Eutrope, une étonnante ressemblance
Bel exemple d’architecture gothique à l’auvergnate, avec son aspect austère dû à la pierre de Volvic, l’Église Saint-Eutrope, située rue Sainte-Claire, face à une ancienne mosquée, a connu une histoire mouvementée.
Des églises, une église
Elle est du moins le fruit d’une succession d’églises dans le quartier de St-Eutrope, toutes détruites aujourd’hui.
Le quartier a ainsi connu 4 différentes églises. La première, l’église Saint-Vénérand, était bâtie au Vème siècle, sur le tombeau de l’évêque de Clermont du même nom, près de l’actuel Lycée Saint-Alyre. A deux pas d’ici, s’est élevée ensuite l’église Saint-Arthême du nom d’un évêque célèbre, invoqué contre les incendies. Au XIIème siècle, on construisit l’église Sainte-George, une jeune fille qui vécut en ermite dans le quartier (aujourd’hui, place Sainte- George). Retour en arrière pour la dernière église, l’église Saint-Cirgues, qui fut bâtie par un religieux venu de Perse, nommé Saint Abraham, au Vème siècle. Aujourd’hui toutes disparues, il reste néanmoins quelques vestiges (souvent difficiles à reconnaître) de ces quatre dernières églises.
Construite sur l’emplacement d’une ancienne basilique, détruite par les Normands, l’Église Saint-Eutrope fut construite vraisemblablement au XIIème siècle. Totalement détruite en 1858, elle a laissé place à l’église actuelle, qui s’est érigée entre 1858 et 1862.
L’Église Saint-Eutrope actuelle
Commencée en 1858, construite en moins de 4 ans, Saint-Eutrope est le fruit de la volonté de l’abbé Daupeyroux. Il avait ainsi pour projet, lors de son arrivée dans le quartier, de bâtir un sanctuaire à la gloire de Dieu et de permettre aux nombreux fidèles de disposer d’un lieu de culte adapté et digne de ce nom.
Selon les écrits de l’abbé, l’église est de style gothique, a trois nefs, sa longueur est de 46 mètres, sa largeur est de 16 mètres. La voûte de la grande nef est à 18 mètres au-dessus du pavé. Le résultat est plutôt réussi, et l’église ressemble étrangement à sa grande Sœur toute proche, la Cathédrale.
Les vitraux ont été exécutés par M. Thibaud en 1862, et complétés en 1873, 1880 et 1881 par MM. Champrobert et Chatain.
Les statues intérieures du Sacré Cœur et de la Vierge, ainsi que celles du portail sud sont de Fabish (sculpteur de la statue de la grotte de Lourdes) ; celles de Moïse et David, qui encadrent le portail ouest, sont de Chalonnax, sculpteur local.
Une fresque de Louis Dussour, artiste riomois, est visible dans la chapelle de la Sainte Vierge (bas-côté gauche).
Aussi, dans la chapelle du Sacré Cœur (bas-côté droit), deux statues de bois doré rappellent Saint Etienne, premier martyr, et Saint Eutrope, évêque de Saintes.
Plus loin au fond de l’église, une chapelle abrite les reliques de Saint George, ainsi que, sous l’autel, le tombeau de Saint Abraham, l’ermite du monastère de Saint-Cirgues.
La présence de l’abbé Daupeyroux est palpable dans l’église, au moins d’un point de vue historique et cultuel. En effet, une plaque rappelle le souvenir de l’homme d’église, mais surtout, son corps repose toujours aujourd’hui dans un tombeau de verre, totalement visible.
L’église a été plusieurs fois partiellement restaurée dans les années 1950 et 1960. L’orgue à quant à lui été inauguré en 1976.

Eglise Saint Eutrope (vue StreetView)
Classée monument historique depuis 1986, on peut regretter que l’église, et notamment sa façade joliment sculptée, n’ait été que peu mise en valeur depuis. Mise à part une amélioration de l’éclairage extérieur, récemment rénové, qui permet de mettre en lumière sa haute flèche, la façade souffre des marques du temps et des ravages des pigeons. Il serait aussi intéressant de repenser l’aménagement de la place autour de l’église, en la transformant pourquoi-pas en sympathique place villageoise.
Par Thomas
Vue intérieure sur l'église Saint Eutrope
La population clermontoise
Une augmentation lente et progressive depuis la fin du XVIIIème siècle.
Depuis sa fusion avec Montferrand, concrétisée au milieu du XVIIIème siècle, la cité clermontoise n’a cessé de s’agrandir en repoussant toujours plus ses limites. Délaissant le vieux Clermont, des populations nouvelles ont aménagé de nouveaux quartiers comme celui ceinturant le Jardin Lecoq (Boulevard Trudaine, Cours Sablon…) mais aussi les quartiers de la Gare et Delille. De 30 000 habitants en 1793, la ville est passée à 38 160 en 1856 puis 50 000 en 1891. La révolution industrielle, mais aussi le désir de trouver en ville des conditions de vies théoriquement plus confortables, ont conduit de nombreuses populations rurales à venir s’installer dans les villes. Cette augmentation sera ponctuée de périodes plus ou moins fastes.
Le XXème siècle, de la petite ville ouvrière à la capitale régionale
De 1900 à 1950, l’activité industrielle se développe très fortement, est Clermont devient peu à peu une ville ouvrière, notamment grâce à la montée en puissance de Michelin. Grâce à un taux de natalité important, et à l’arrivée de populations d’autres régions françaises, Clermont pousse comme un champignon, les quartiers résidentiels, la plupart modestes, se multiplient. Malgré les ralentissements dans l’évolution démographique dus aux deux guerres mondiales, la population de la ville passe de 53 000 habitants en 1901 à 82 577 en 1921, 114 000 habitants en 1954.
Dès les années 60, et pendant près de 20 ans, le développement de Michelin se poursuit, et le secteur des BTP est en pleine expansion, pour répondre au spectaculaire développement économique que connaît la France lors des 30 glorieuses. Une arrivée massive de populations immigrées, notamment espagnole et italienne, mais surtout portugaise (la ville comporte aujourd’hui la plus importante communauté portugaise de France après Paris) contribue à une forte augmentation de la population. Michelin et le secteur du bâtiment attirent sans cesse des ouvriers, la plupart ayant quitté leur pays pour espérer trouver un niveau de vie plus correct. Ainsi, de 128 000 habitants en 1962, Clermont passe à 149 000 en 1968, pour atteindre 157 000 habitants en 1975, le plus haut niveau jamais atteint par la ville.
La fin des années 70 et le 2ème choc pétrolier sonnent le glas des 30 glorieuses, et l’industrie nationale, comme locale, commence à perdre son poids économique et salarial, au profit des services et du commerce. Malgré la création de vastes zones commerciales, du Centre Jaude au tout début des années 80, mais aussi de l’implantation d’importantes et nombreuses administrations locales et nationales à Clermont, la ville s’engage dans un long déclin démographique. Le chômage augmentant, les ouvriers se reconvertissent dans d’autres types d’emplois et, surtout, les centres-villes ne sont plus à la mode, au profit des banlieues, recherchées à l’époque pour leur relative tranquillité, la possibilité d’avoir une maison avec un petit bout de terrain, tout en restant proche de la Ville.
Ainsi de 157 000 habitants en 1975, la ville retombe à 147 000 en 1982, puis 136 000 en 1990, son niveau le plus bas depuis le recensement de 1968.
Mais la situation se renverse à nouveau dans les années 90. En effet, après de longues et ennuyeuses années d’inactivité urbanistique (les centres-villes français n’ont pour la plupart que peu évolué pendant 20 ans), au profit du développement des zones périphériques et des banlieues, les centre villes redeviennent à la mode, et dans toute la France les municipalités réapprennent à réaménager leurs centres-villes, ayant enfin compris qu’il constituait le cœur de ville, cœur historique, culturel et populaire.
Ainsi, la Ville, et surtout le centre-ville n’ayant jamais autant bougé que depuis 1995 (le fait le plus marquant et visible étant la création de la ligne de tramway), la ville a retrouvé timidement la voie de la croissance démographique.
Lente, mais continue depuis 1990, elle démontre que Clermont est redevenue une ville attractive, notamment par l’implantation de nouveaux magasins et de nouvelles industries, mais aussi par le développement de nombreuses zones abandonnées jusque là, notamment au Sud de l’agglomération (Plaine de Sarliève, Zone de Cournon…). Cela a permis de développer l’économie de l’agglomération et de créer de nombreux emplois. De plus, Clermont a su conforter sa position de ville étudiante, et elle accueille de plus en plus d’étudiants de tous horizons et de toutes nationalités.

Rassemblement de clermontois lors du dernier match de l'ASM
Ainsi, la population clermontoise totalise 137 140 habitants en 1999 contre 136 000 en 1990 avant d’atteindre 139 000 en 2006. Selon les dernières enquêtes de l’Insee, cette lente mais progressive augmentation de population est toujours en marche.
Par Thomas
Le Carré Jaude II, ou les méandres architecturaux.
Bien loin du Paris-Clermont, première « grande surface commerciale » ouverte sur la place de Jaude à la fin du 19ème siècle, le projet du Carré Jaude II est bien plus ambitieux.
S’inscrivant dans un projet municipal de 1986 prévoyant la refonte totale du quartier Jaude Ouest, il constitue au jour d’aujourd’hui le plus grand projet immobilier, d’initiative privée, en centre-ville, de France.
Dans la continuité du Carré Jaude II, imaginé par l’architecte catalan Manolo Nuñoz, construit au début des années 2000, il conservera un style semblable. Conçu cette fois par un cabinet d’architecte clermontois (le Cabinet Douat-Harland et Associés), il accueillera sur pas moins de 50 000m² : un hôtel de luxe, une résidence hôtelière, des bureaux, des logements de standing varié, ainsi qu’un ensemble commercial comprenant 4 salles de cinéma, le tout sis sur un parking souterrain. Le bâtiment serait construit dans un ensemble moderne mêlant bois, métal et verre, et agrémenté d’un atrium de verre de 60 mètres de long.

Projet initial du Carré Jaude II
La livraison est prévue pour 2012. Actuellement, la ville de Clermont-Ferrand, en partenariat avec l’INRAP (l’institut national de recherches archéologiques préventives), mène des fouilles sur les parcelles prévues. Les fouilles actuelles ont entrainé quelques retards dans la mesure où les découvertes ont largement dépassé les attentes et nous éclairent davantage sur le passé de notre ville (Cf. article à venir).

Résultat des fouilles archélogiques préventives, et vue sur le Carré Jaude I
Néanmoins, le projet pharaonique annoncé connait quelques déboires, toutefois mineurs. Selon les rumeurs, l’ensemble commercial serait revu de sorte à supprimer les salles de cinéma (et accueillir davantage de magasins ?). Le changement le plus notable réside toutefois dans la décision du préfet, de concert avec les Architectes des Bâtiments de France, qui a exhorté les architectes à revoir leurs plans de sorte à intégrer dans le nouveau bâtiment les anciennes façades ; l’avancée dans l’angle du bâtiment ouvrant sur la place de Jaude est également appelée à être revue.
Les anciennes façades, qui n'ont pourtant rien d'exceptionnel...
Notons toutefois que ces fameux fonctionnaires d’ABF avaient, il y a quelques années, dans une note adressée aux services municipaux, déclaré que les couleurs qui seyaient à notre ville étaient le noir et le gris ; et recommandaient à la mairie de travailler avec ces « nuances. » Remercions la municipalité de n’avoir pas fait ce choix…
Concernant le Carré Jaude II, nous resterons sans doute dans l’incertitude jusqu’à la construction. Espérons toutefois que tous ces compromis ne gâtent pas le projet initial…
L’Hôtel de Ville
Habituellement bien visible, ou du moins généralement situé sur une place populaire, l’Hôtel de Ville de Clermont fait défaut à cette habitude urbaine.
Situé dans une petite rue sans prétention, au cœur du vieux Clermont, à deux pas de la Cathédrale, l’Hôtel de Ville de Clermont est un imposant palais de Lave. Le bâtiment, composé d’immenses colonnes en façade, d’une agréable cour intérieure entourée d’arcades, est trop souvent oublié des visiteurs. Pourtant, le Palais de Boulogne, c’est son nom, regorge de salles et d’éléments intéressants.

Façade extérieure de l'Hotel de Ville, dans la rue Philippe Marcombes
L’histoire de ce bâtiment est longue, est souvent mystérieuse. Selon la plupart des historiens, le Palais de Boulogne est achevé en 1857. Il a été construit sur l’emplacement de l’Ancien Palais de Boulogne. Le Palais actuel est une copie agrandie de l’ancien. L’architecte Louis Ledru, père de l’édifice, imagina un lieu où pourraient se concentrer le Palais de Justice (aujourd’hui disparu), la Prison (toujours ouverte aujourd’hui et dans un piteux état) et la mairie.
Parmi les éléments intéressants dans l’édifice, on peut citer, entre autres, la cour intérieure, l’escalier monumental et la Salle des Fêtes.

Vue sur la cour intérieure
Actuellement, l’édifice reste toujours l’Hôtel de Ville de Clermont. Mais depuis 2008, des rumeurs persistantes font part d’un transfert de la mairie vers le bâtiment principal de l’Hôtel Dieu, qui va bientôt fermer et dont le site doit être complètement réaménagé… l’avenir proche nous le dira en tout cas !
Par Thomas

Une des salles de la Mairie de Clermont
Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption
Véritable point de repère géographique pour le clermontois, la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption représente bien plus qu’un symbole religieux pour la ville. Perchée tout en haut du plateau central, elle constitue l’élément le plus visible de la ville.

Vue sur la cathédrale et la statue d'Urbain II depuis la place de la Victoire
Elle succède sur ce même emplacement à trois sanctuaires chrétiens, le premier remontant au 5ème siècle. Sa destruction fut ordonnée par Pépin le Bref. Le second, reconstruit peu de temps après fut démoli par les normands. Enfin, une cathédrale romane fut bâtie sous Etienne II et consacrée en 946. Elle constitua un modèle pour de nombreuses églises d’Auvergne, dont Notre-Dame du Port. Sa crypte ne fut pas démolie, est toujours visitable, et abrite un sarcophage de marbre blanc datant du 4ème siècle.
En 1248, Hugues de la Tour, l’évêque d’alors, de retour de Paris décide de lancer la construction d’une nouvelle cathédrale. Emerveillé par la Sainte Chapelle qu’il a visitée lors d’un voyage à Paris, il demande à Jean Deschamps, architecte à qui l’on doit également la construction des cathédrales narbonnaise et limougeaude, de s’en inspirer. On abandonne, pour la construction du nouvel édifice, l’arkose, pierre calcaire blanche qui a notamment bâti Notre-Dame du Port et les trois églises antérieures à la cathédrale (la crypte est en arkose), au profit de la pierre de Volvic, pierre beaucoup plus robuste qui permettra de construire des piliers plus fins, et qui donnera à la cathédrale sa couleur si particulière.

La cathédrale avant les travaux d'achèvement du 19ème siècle
Les travaux s’étalèrent sur plusieurs décennies, et le fils de Jean Deschamps, Pierre Deschamps, prit la relève. Néanmoins, ils durent cesser en 1355 en raison de la Guerre de cent ans.
La couverture actuelle de la cathédrale, en plomb, date de 1507.
A la révolution, Notre-Dame de l’Assomption frôle la destruction totale, mais trois tours ainsi que l’autel sont détruits. Beaucoup de mobilier fut également volé et détruit.
En 1866, les travaux d’achèvement de la cathédrale reprennent, d’après les plans de Viollet-le-Duc, dans le respect des méthodes de construction du Moyen-âge. La façade occidentale (celle qui donne sur la rue des Gras), surmontée de ses deux flèches de 108 mètres voit le jour. Ainsi achevée, la cathédrale mesure 99 mètres de long, pour un peu plus de 30 de large.
Les escaliers de la façade ouest ne seront construits qu’au début du 20ème siècle, et donneront lieu à la destruction de la maison de Blaise Pascal.
A noter que des visites de la crypte et de la Tour de la Bayette sont organisées du lundi au samedi, de juillet à septembre. De plus, l’office du tourisme propose une visite d’une heure de la cathédrale et son quartier.

Vue sur le choeur.
Le Centre Jaude
Temple clermontois du shopping, c’est l’endroit à la mode à Clermont depuis près de 30 ans maintenant. Tous les clermontois y sont allés au moins une fois dans leur vie.
Dans les années 60, la municipalité lance un projet de réhabilitation du quartier dit du Fond de Jaude, devenu insalubre et malfamé. Il est alors décidé de le raser totalement, et de construire des logements, des bureaux et surtout un centre commercial.
20 ans plus tard, le Centre Jaude ouvre enfin ses portes, en septembre 1980. Véritable locomotive commerciale de centre-ville, le Centre Jaude est devenu un lieu très fréquenté, et on vient de toute la région pour venir y faire ses emplettes.
Le Centre Jaude avant la rénovation de 2008
Sa superficie totale est de 22700 m², sur 3 niveaux. Depuis la dernière rénovation de 2008, il compte 86 commerces. Un vaste parking sous-terrain de 780 places a été construit dans la même époque. Parmi les principales enseignes présentes, on peut citer la Fnac, Go Sport, C&A, Habitat, Zara… On trouve également 7 salles de cinéma, des services, des restaurants, et une galerie municipale d’exposition.
Essentiellement composé de béton, recouvert d’une espèce de carrelage blanc, il faut reconnaitre que le bâtiment est loin d’être une réussite architecturale… La rénovation de 2008 (rénovation partielle de la façade par adjonction de plaques en verres vertes, jolie illumination nocturne, création d’une grande verrière d’entrée) a permis toutefois de rendre ce lieu esthétiquement un peu plus agréable… mais dans le fond le compte n’y est pas vraiment.
La création du Carré Jaude 2, sorte de Centre Jaude bis, à l’architecture audacieuse, permettra d’oublier la verrue que constitue la version 1980.
Mais malgré ce manque de goût esthétique, nul ne peut nier le succès du centre. Succès populaire (la fréquentation annuelle est estimée à plus de 6 millions de visiteurs), et surtout succès économique. Il est devenu en 2005 la 5ème surface commerciale française en terme de rendement au mètre carré.
Le Centre-Jaude pendant les travaux de rénovation
Créateur d’emploi, il a permis au centre ville de se développer et apporte à la Ville des recettes fiscales non négligeables.
Mais ce succès isole le Centre Jaude, car il faut bien dire qu’en ville, à part Jaude, il ne reste plus grand-chose pour aller faire des achats. La Ville avait récemment communiqué à propos d’un projet de dynamisation du quartier Gaillard-Marché Saint Pierre, par l’implantation d’une grande enseigne, qui pourrait faire contrepoids avec l’aspirateur à clients qu’est devenu Jaude, mais le projet semble actuellement au point mort. Wait and see…
Par Thomas
Fleur de lave à l’épreuve de la ville
Si Clermont s’est un jour réveillée pour changer, elle ne l’a pas fait par hasard. La rénovation urbaine qu’a connu Clermont ces 5 à 10 dernières années, et qu’elle connaît encore suit un axe bien précis : celui du tramway.
En effet, la réfection de la place de Jaude et la réhabilitation de nombreux quartiers suit le tracé de notre actuel tramway, qui a été le moteur de tout ce renouveau. Revenons sur sa genèse.
Histoire du tramway à Clermont

L'ancien tramway clermontois Place de Jaude
Le premier tramway fait son apparition dans les rues de Clermont en 1890. Déjà, la ville se distingue en proposant le premier tramway électrique à captage de courant par perches (une plaque le rappelle sur une façade de l’Opéra). Jusqu’à la fin des années 1940, le réseau de tramway clermontois se maillera et se densifiera, en proposant un matériel moderne et confortable fortement apprécié des usagers.
Néanmoins, aux lendemains de la guerre, la politique du « tout-voiture » prendra le dessus et l’on supprimera peu à peu les voies de tramways, devenues gênantes pour la circulation automobile, pour les remplacer par des services d’autobus. Le dernier tramway circulera en décembre 1956.
Pour l’anecdote, de nombreuses sections de voies de l’ancien tramway n’avaient été que simplement recouvertes de bitume dans les années 1950. Lors des décaissements nécessaires à la création de la plateforme du nouveau tramway et à la réfection de la place de Jaude, des voies ont été redécouvertes !
Dès les années 1970, la municipalité prend conscience que la politique du tout voiture est un échec : la morphologie des rues clermontoises ne parvient plus à avaler le flot de véhicules, et la pollution et les nuisances sonores deviennent insupportables. Dès 1983, Roger Quillot alors maire sortant propose un premier projet de tramway. En 1990, le projet prend forme et des études sont lancées en 1992. Les deux grands axes actuels sont nés de ces études : un axe nord-sud qui relierait les Cézeaux à Champratel par le centre-ville (actuelle ligne A) et un axe est-ouest qui relierait la gare SNCF à Chamalières et Royat, là aussi par le centre-ville (actuelle ligne B).
En 1996, un appel d’offre est lancé, auquel répond Alstom en présentant son tout premier Citadis (qui équipe aujourd’hui un très grand nombre de villes). Clermont-Ferrand aurait été alors la première ville a en être équipée. Toutefois, fin 1996, la Chambre de Commerce, dans laquelle Michelin occupe une place prépondérante, fait pression pour faire échouer le projet, et y parvient. L’appel d’offres qu’avait remporté Alstom est annulé.
En 1999, un nouvel appel d’offres est lancé ; le SMTC fait le choix de limiter ce dernier à un tramway sur pneumatiques afin de contenter la Manufacture Michelin. Trois candidatures sont présentées : Irisbus avec le Civis, Bombardier avec le TVR et Lohr avec le Translohr. Les deux premiers modèles ayant connu de nombreux déboires, la municipalité opte pour le troisième.
Ainsi, à partir de 2003 et pendant trois longues années seront effectués les travaux de construction de la plateforme et du centre de maintenance, situé à Champratel.
Matériel et ligne
Le matériel retenu est dont le Translohr, une nouveauté présentée par le groupe spécialisé dans le transport de marchandises Lohr. Le SMTC opte pour le modèle de 4 éléments (STE4) de 32 mètres, pouvant accueillir jusqu’à 238 personnes. Il fait au départ l’achat de 20 rames, six nouvelles seront commandées et livrées en 2008. Il s’agit d’un engin sur pneumatiques, guidé par un rail central, alimenté par une caténaire. Sa traction pneumatique lui permet de franchir de fortes pentes (idéal dans notre ville vallonée) et d’être doté d’un faible rayon de courbure (parfait pour les petites rues). Il peut atteindre 70km/h et est doté de très bonnes capacités de freinage.
La ligne, qui constituera la ligne A, mesure 14,2km et s’étend de Champratel à la gare SNCF de la Pardieu, traversant les Vergnes, les Pistes, Montferrand, le 1er mai, les Carmes, Delille, Gaillard, Jaude, les facultés, la Place Henri Dunant (CHU), Saint Jacques, et enfin les Cézeaux. Elle a été mise en service en deux fois, d’abord jusqu’au CHU – Place Henri Dunant fin 2006, puis jusqu’à la gare de la Pardieu mi 2007. Elle totalise 31 arrêts. Sa construction aura coûté 290 millions d’euros, comprennant en outre une vaste opération de rénovation urbaine.
La mise en service n’aura pas été sans difficultés. Après plusieurs mois d’essais – à noter que le Translohr n’avait jamais circulé dans aucunes villes auparavant – le Translohr connaît son premier incident. Une des rames, pourtant vantée indérraillable, « déguide » lors de la montée du viaduc Saint-Jacques. Un fragment automobile (issu d’un accident survenu plus tôt) présent près du rail de guidage en serait la cause. Cet incident survint quelques jours avant l’inauguration, qui eut tout de même lieu sur une portion réduite de la ligne et à vitesse modérée. L’entrée en service commercial fut quant à elle différée d’un mois, le préfet ayant apposé son veto. L’installation de nouveaux systèmes de sécurité (dont un nouveau dispositif appelé DDO – dispositif de dégagement d’objets – permettant d’écarter tout objet coincé dans le rail de guidage) et la mise en place d’un service régulier de nettoyage de la plateforme permit l’entrée en service du Translohr.

Le nouveau tramway Place de Jaude
La nouvelle donne
L’entrée en service du tramway clermontois aura permis une refonte complète du maillage de transports dans l’agglomération, notamment par la création de deux lignes fortes : la ligne A (la ligne de tramway) et la ligne B, reliant la place du 1er mai à Royat via la gare SNCF et la place de Jaude.
Le tramway clermontois, très critiqué à sa mise en service en raison de son coût, non pas d’installation – qui reste dans la moyenne des tramways – mais de son coût à venir d’exploitation (matériel fragile, pièces issues exclusivement de chez Lohr, etc…), et boudé des commerçants qui avaient peur de perdre de la clientèle en raison de la disparition progressive des automobiles en centre-ville, connut un énorme succès et transporte aujourd’hui entre 40 000 et 54 000 voyageurs par jour.
De plus, une rénovation urbaine complète accompagne le tracé de tramway.
Aujourd’hui, le prolongement de la ligne A au-delà de Champratel, vers les Vergnes et le Stade Gabriel Montpied et d’ores et déjà prévue pour l’horizon 2010.
La transformation de la ligne B en ligne de tramway est également en projet. Des études sont aujourd’hui en cours, après que la municipalité chamaliéroise ait enfin accepté l’idée d’un tramway sur son territoire.