Fleur de lave à l’épreuve de la ville
Si Clermont s’est un jour réveillée pour changer, elle ne l’a pas fait par hasard. La rénovation urbaine qu’a connu Clermont ces 5 à 10 dernières années, et qu’elle connaît encore suit un axe bien précis : celui du tramway.
En effet, la réfection de la place de Jaude et la réhabilitation de nombreux quartiers suit le tracé de notre actuel tramway, qui a été le moteur de tout ce renouveau. Revenons sur sa genèse.
Histoire du tramway à Clermont

L'ancien tramway clermontois Place de Jaude
Le premier tramway fait son apparition dans les rues de Clermont en 1890. Déjà, la ville se distingue en proposant le premier tramway électrique à captage de courant par perches (une plaque le rappelle sur une façade de l’Opéra). Jusqu’à la fin des années 1940, le réseau de tramway clermontois se maillera et se densifiera, en proposant un matériel moderne et confortable fortement apprécié des usagers.
Néanmoins, aux lendemains de la guerre, la politique du « tout-voiture » prendra le dessus et l’on supprimera peu à peu les voies de tramways, devenues gênantes pour la circulation automobile, pour les remplacer par des services d’autobus. Le dernier tramway circulera en décembre 1956.
Pour l’anecdote, de nombreuses sections de voies de l’ancien tramway n’avaient été que simplement recouvertes de bitume dans les années 1950. Lors des décaissements nécessaires à la création de la plateforme du nouveau tramway et à la réfection de la place de Jaude, des voies ont été redécouvertes !
Dès les années 1970, la municipalité prend conscience que la politique du tout voiture est un échec : la morphologie des rues clermontoises ne parvient plus à avaler le flot de véhicules, et la pollution et les nuisances sonores deviennent insupportables. Dès 1983, Roger Quillot alors maire sortant propose un premier projet de tramway. En 1990, le projet prend forme et des études sont lancées en 1992. Les deux grands axes actuels sont nés de ces études : un axe nord-sud qui relierait les Cézeaux à Champratel par le centre-ville (actuelle ligne A) et un axe est-ouest qui relierait la gare SNCF à Chamalières et Royat, là aussi par le centre-ville (actuelle ligne B).
En 1996, un appel d’offre est lancé, auquel répond Alstom en présentant son tout premier Citadis (qui équipe aujourd’hui un très grand nombre de villes). Clermont-Ferrand aurait été alors la première ville a en être équipée. Toutefois, fin 1996, la Chambre de Commerce, dans laquelle Michelin occupe une place prépondérante, fait pression pour faire échouer le projet, et y parvient. L’appel d’offres qu’avait remporté Alstom est annulé.
En 1999, un nouvel appel d’offres est lancé ; le SMTC fait le choix de limiter ce dernier à un tramway sur pneumatiques afin de contenter la Manufacture Michelin. Trois candidatures sont présentées : Irisbus avec le Civis, Bombardier avec le TVR et Lohr avec le Translohr. Les deux premiers modèles ayant connu de nombreux déboires, la municipalité opte pour le troisième.
Ainsi, à partir de 2003 et pendant trois longues années seront effectués les travaux de construction de la plateforme et du centre de maintenance, situé à Champratel.
Matériel et ligne
Le matériel retenu est dont le Translohr, une nouveauté présentée par le groupe spécialisé dans le transport de marchandises Lohr. Le SMTC opte pour le modèle de 4 éléments (STE4) de 32 mètres, pouvant accueillir jusqu’à 238 personnes. Il fait au départ l’achat de 20 rames, six nouvelles seront commandées et livrées en 2008. Il s’agit d’un engin sur pneumatiques, guidé par un rail central, alimenté par une caténaire. Sa traction pneumatique lui permet de franchir de fortes pentes (idéal dans notre ville vallonée) et d’être doté d’un faible rayon de courbure (parfait pour les petites rues). Il peut atteindre 70km/h et est doté de très bonnes capacités de freinage.
La ligne, qui constituera la ligne A, mesure 14,2km et s’étend de Champratel à la gare SNCF de la Pardieu, traversant les Vergnes, les Pistes, Montferrand, le 1er mai, les Carmes, Delille, Gaillard, Jaude, les facultés, la Place Henri Dunant (CHU), Saint Jacques, et enfin les Cézeaux. Elle a été mise en service en deux fois, d’abord jusqu’au CHU – Place Henri Dunant fin 2006, puis jusqu’à la gare de la Pardieu mi 2007. Elle totalise 31 arrêts. Sa construction aura coûté 290 millions d’euros, comprennant en outre une vaste opération de rénovation urbaine.
La mise en service n’aura pas été sans difficultés. Après plusieurs mois d’essais – à noter que le Translohr n’avait jamais circulé dans aucunes villes auparavant – le Translohr connaît son premier incident. Une des rames, pourtant vantée indérraillable, « déguide » lors de la montée du viaduc Saint-Jacques. Un fragment automobile (issu d’un accident survenu plus tôt) présent près du rail de guidage en serait la cause. Cet incident survint quelques jours avant l’inauguration, qui eut tout de même lieu sur une portion réduite de la ligne et à vitesse modérée. L’entrée en service commercial fut quant à elle différée d’un mois, le préfet ayant apposé son veto. L’installation de nouveaux systèmes de sécurité (dont un nouveau dispositif appelé DDO – dispositif de dégagement d’objets – permettant d’écarter tout objet coincé dans le rail de guidage) et la mise en place d’un service régulier de nettoyage de la plateforme permit l’entrée en service du Translohr.

Le nouveau tramway Place de Jaude
La nouvelle donne
L’entrée en service du tramway clermontois aura permis une refonte complète du maillage de transports dans l’agglomération, notamment par la création de deux lignes fortes : la ligne A (la ligne de tramway) et la ligne B, reliant la place du 1er mai à Royat via la gare SNCF et la place de Jaude.
Le tramway clermontois, très critiqué à sa mise en service en raison de son coût, non pas d’installation – qui reste dans la moyenne des tramways – mais de son coût à venir d’exploitation (matériel fragile, pièces issues exclusivement de chez Lohr, etc…), et boudé des commerçants qui avaient peur de perdre de la clientèle en raison de la disparition progressive des automobiles en centre-ville, connut un énorme succès et transporte aujourd’hui entre 40 000 et 54 000 voyageurs par jour.
De plus, une rénovation urbaine complète accompagne le tracé de tramway.
Aujourd’hui, le prolongement de la ligne A au-delà de Champratel, vers les Vergnes et le Stade Gabriel Montpied et d’ores et déjà prévue pour l’horizon 2010.
La transformation de la ligne B en ligne de tramway est également en projet. Des études sont aujourd’hui en cours, après que la municipalité chamaliéroise ait enfin accepté l’idée d’un tramway sur son territoire.
Place de Jaude, centre de vie en centre-ville
Lyon a sa place Bellecour, Nancy a sa place Stanislas, Madrid a sa Plaza Mayor… et Clermont a sa place de Jaude.
Connue de tous les Clermontois, et bien au-delà des limites de l’agglomération, la place de Jaude est une des plus vastes de la ville. C’est LA place de la ville. C’est ici que l’on se rend le samedi après-midi pour faire du shopping, ici également que l’on retrouve ses amis pour se détendre sur les terrasses.
D’une superficie de 3,5 hectares, c’est une place rectangulaire et semi-piétonne.
Sans doute créée dès l’époque romaine, la place a connu plusieurs noms : la place de Galde au Moyen-âge, la place de Jalde pendant la Renaissance, et enfin Jaude depuis un peu plus de deux siècles.
Bref historique de la place
La place, au sens d’un espace de réunion publique, existe très probablement depuis l’antiquité, mais selon les historiens, ce n’est que pendant le XVIIème siècle que les premiers aménagements sont apparus. En 1663 on y installe des fontaines et des bassins. Clermont, devenue Clermont-Ferrand avec le rattachement de Montferrand concrétisé sous Louis XV, commence à prendre de l’importance dans le Massif Central. C’est à partir du XIXème siècle que la place devient véritablement centrale et populaire dans la vie des Clermontois. Ses monuments les plus emblématiques sont construits à cette période : statue du Général Desaix (1848) et Statue de Vercingétorix (1903). Sans oublier l’Opéra-Théâtre en 1894.

La place de jaude autrefois
Le XXème siècle, siècle de profondes mutations sociales et de progrès majeurs, verra Clermont-Ferrand devenir une ville moderne et ainsi la place de Jaude deviendra un lieu incontournable. La place est réaménagée dans les années 1980 (fontaines, espaces verts…), afin de poursuivre le fabuleux développement urbain et économique qu’apporta l’ouverture du Centre-Jaude (qui est toujours le plus grand centre-commercial de centre ville de l’ensemble Auvergne-Limousin).
Les années 1990 se révéleront bien pauvres en matière d’aménagements urbains concernant la place de Jaude, elle reste quasi-inchangée.
Il en sera tout autre des années 2000. En effet, en 1999, le Conseil Municipal concrétise le lancement de la création d’une ligne de tramway à Clermont.
La Place aujourd’hui
Comme il a transformé la ville, le Tramway a d’abord métamorphosé la place de Jaude. Réaménagée totalement de 2003 à 2005 afin d’accueillir le futur Translohr, la place est devenue le lieu des grands rassemblements populaires (concert géant pour la fête de la musique, écran géant pour retransmettre les matches de l’ASM en finale du Top 14 où de la France en finale de la Coupe du Monde de Football, et nombre autres évènements…).
La place actuelle se compose de 141 arbres, répartis en 3 rangées. La partie nord est composée d’un parvis de basalte sombre éclairé la nuit de 250 diodes rouges et jaunes qui symbolisent le mouvement de la lave. Le reste de la place est pavé de pierres calcaires claires. Les nombreuses petites fontaines alignées sont éclairées le soir de dégradés de rouge. Au sud, le jet principal d’une grande fontaine atteint 22 mètres. Sept pylônes, représentants des tubes entremêlés de 22 mètres assurent une illumination polychrome de l’ensemble et l’éclairage des monuments. Les éclairages des façades, notamment ceux de l’Opéra Municipal et des Galeries Lafayette ont été améliorés.
La Place de Jaude nouveau cru est inaugurée le 10 décembre 2005, en présence de plus de 30 000 personnes.
Enfin, notons que depuis quelques années, une campagne de rénovation de façades, soutenue par la Ville, permet d’embellir la place et sa continuité le long du tracé du tramway et de mettre à jour ses petites beautés architecturales.
La place de jaude aujourd'hui
Monuments et lieux emblématiques
(ces lieux pourront faire l’objet d’articles plus détaillés prochainement)
- Église Saint-Pierre des Minimes (1630)
- Statue du Général Desaix (1848)
- Opéra Municipal (1894)
- Statue équestre de Vercingétorix (1903)
- Galeries de Jaude (aujourd’hui Galeries Lafayette, 1907)
- Centre-Jaude (1980)
Par Thomas
La desserte de l’agglomération
Clermont bénéficie d’une situation plutôt favorable concernant sa desserte autoroutière. Elle est en effet reliée aux quatre points cardinaux par trois (quatre à l’origine) autoroutes.
La plus ancienne, l’autoroute A72 (dont l’ouverture s’étale entre 1977 et 1984) reliait à l’origine Clermont-Ferrand à Saint-Etienne. Commençant à Lempdes, elle dessert Thiers, Montbrison et Andrézieux avant d’atteindre le boulevard périphérique stéphanois. En 2006 et en vue d’assurer la liaison complète Bordeaux – Lyon elle fut renommée A89 entre Clermont et Balbigny, à hauteur d’où une nouvelle portion est construction (ouverture prévue d’ici 2012/2015) pour relier directement Lyon sans passer par Saint-Etienne, et ainsi désengorger l’A47.
A l’ouest, l’A89 surnommée la Transeuropéenne, dernière autoroute construite à assurer une liaison avec Clermont-Ferrand, la relie à Libourne, en Gironde. Son ouverture s’étale entre 2000 et 2008.
Au Nord, l’A71 surnommée l’Arverne, relie notre ville à la capitale via Orléans, où elle se repique sur l’A10. Ouverte entre 1986 et 1989, elle a constitué un axe majeur de désenclavement routier de l’Auvergne et du Centre.
Enfin, au sud, l’A75 surnommée la Méridienne, non encore achevée doit nous relier à terme à Béziers. Entamés en 1991, les travaux, dont la charge incombe totalement à l’Etat, ce qui en fait une autoroute gratuite, sont encore en cours. La seule portion payante correspond au viaduc de Millau, achevé en 2004 (il est sous concession Eiffage pour 75 ans). Son altitude (1121m au maximum) en font une des autoroutes les plus hautes de France.

Vue sur l'A75 dont le relief est parfois problématique en hiver
A l’inverse, la desserte ferroviaire de la Métropole des Arvernes est plutôt catastrophique.
La gare de Clermont-Ferrand se situe toutefois au cœur d’une étoile ferroviaire.
Vers le nord, la ligne la plus développée assure une desserte TER régulière vers Vichy et Riom. De plus, elle permet la liaison par des Corail Téoz vers Paris à raison de 8 allers-retours par jour. C’est la seule ligne électrifiée desservant Clermont-Ferrand. A hauteur de Saint-Germain-des-Fossés, elle permet la liaison vers Roanne et Lyon, en expansion.
Vers le Sud, la ligne des Cévennes, offre un parcours magnifique jusqu’à Arvant. Néanmoins, c’est une ligne non-électrifiée et qui a tendance à tomber dans l’oubli.
Vers l’ouest, une ligne mène vers Durtol et Volvic, et à l’origine continuait sur Montluçon. Toutefois, le manque d’entretien qu’elle connaît a conduit la SNCF à fermer cette portion à partir de Volvic.
Enfin, vers l’est, une ligne à voie unique nous relie à Saint-Etienne via Thiers. Longtemps laissée à l’abandon, elle a bénéficié d’une rénovation récente afin d’éviter sa fermeture.

Gare SNCF de Clermont, dans les quartiers Est de la ville
Clermont-Ferrand ne bénéficie au jour d’aujourd’hui d’aucune liaison à grande vitesse. Face à l’insistance des politiques locaux, plusieurs projets avaient été étudiés, mais pour le moment aucun n’est retenu. Parmi ceux-ci, la création d’une transversale reliant Lyon à Bordeaux par Clermont-Ferrand (la transversale Alpes-Atlantique), mais la traversée du massif central posait trop de problèmes et était trop coûteuse en raison des dénivellés. Un autre projet, plus récent, et qui n’a pas été encore totalement abandonné, consisterait au dédoublement de l’axe Paris-Lyon, qui permettrait de créer deux antennes à destination de Clermont, l’une vers la capitale, l’autre vers Lyon.
La Basilique Notre-Dame du Port

Vue sur le chevet de la Basilique
Première merveille dans le patrimoine clermontois, la Basilique Notre-Dame du Port, église romane, qui se situe sur les débuts de la montée vers le plateau central, entre la Place Delille et la Place de la Victoire (où trône la cathédrale).
Fondée au 6ème siècle et rebâtie entre les 11ème et 13ème siècle avant d’être à nouveau modifiée au 19ème, elle doit son nom au quartier dans lequel elle est née. En effet, la place Delille était au cœur du quartier dit « du Port », c’est-à-dire là où l’on recevait les marchandises.
De facture romane, elle n’a été renommée basilique que tardivement mais constitue aujourd’hui une des cinq églises majeures d’Auvergne avec Saint Austremoine à Issoire, Notre-Dame d’Orcival, l’église de Saint-Nectaire et celle de Saint-Saturnin.
Son porche occidental est le plus ancien et serait issu des restes de la première église qui fut construite à cet emplacement. Il fut orné, lors de la rénovation du 19ème siècle d’un clocher en pierres de Volvic. Le reste de la basilique est construit en arkose, une pierre claire qui contraste avec les teintes sombres de la pierre volcanique régionale.
Porche occidental de la basilique, avec son clocher du XIXème.
Elle bénéficie de proportions parfaites, qui sont attribuées à l’utilisation du nombre d’or dans la construction. Au plan en croix latin classique, s’ajoutent quatre chapelles à l’arrière du cœur et une dans chaque croisillon. La crypte est également visitable.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint Jacques de Compostelle (la première croisade est partie de Clermont-Ferrand), elle a bénéficié d’une vaste campagne de restauration depuis le début des années 2000 et dont la plus importante – la restauration intérieure complète – s’est achevée fin 2008.
A l’extérieur, les dalles en pierres de Volvic qui recouvraient les toitures ont rendu la place aux tuiles canal originelles, et la façade a été entièrement nettoyée. A l’intérieur, les travaux ont consisté au nettoyage de toutes les pierres, à la réfection des tableaux, lustres et vitraux, et à la suppression des joints en ciment qui avaient été rajoutés lors de la derniere restauration. De plus, le badigeonnage des murs dans des couleurs gaies a rendu la basilique dans l’état où elle se trouvait avant 1900.

Intérieur de la Basilique après rénovation
Aujourd’hui, d’autres travaux sont prévus, notamment sur le parvis de la basilique afin de rester en conformité avec les attentes de l’UNESCO. Ils consisteront notamment en la démolition des immeubles qui masquent la vue sur l’église depuis la rue du Port. Enfin, la crypte, qui n’avait pas bénéficié des travaux de restauration en 2007 connaîtra sans doute une réfection également.