Blog sur Clermont-Ferrand

Présentation et actualités de la «Métropole des Arvernes»

Bibendum à Clermont

Accostez un personnage lambda dans une ville X. Demandez-lui ce que la ville de Clermont-Ferrand lui évoque. Il vous répondra à coup sûr Michelin.

Le pneu Radial Michelin

Le pneu Radial Michelin

De la même manière, prenez pour exemple les panneaux d’information touristique sur les autoroutes (les fameux panneaux marrons, qui vous annoncent soit l’arrivée dans une ville, près d’un site particulier, ou une vue quelconque) ; ceux concernant Clermont-Ferrand sont explicites : un pneu, une montagne, une pellicule de film. Michelin, le parc des Volcans, le festival du Court-Métrage. N’en déplaise à certains, la Manufactures Michelin est bel et bien un des plus forts symboles de notre ville.

Mais Michelin, c’est quoi ?

L’entreprise Michelin est spécialisée dans la fabrication de pneumatiques. Elle occupe 20% du marché mondial, ce qui lui

Le fameux Bibendum Michelin

Le fameux Bibendum Michelin

accorde la première place. Outre les pneus, pour lesquels elle se démarque par l’invention du pneu à structure radiale en 1946 et du pneu vert (qui réduit la résistance au roulement des véhicules) dans les années 2000, Michelin a aussi su se démarquer dans l’édition. Le guide Michelin, qui a fêté son centenaire en 2009 regroupe toutes les bonnes adresses de restaurant, d’auberges et d’hôtels dans toute la France. Les cartes routières Michelin occupent une part de marché importante, juste derrière celles éditées par IGN ; le site internet Viamichelin s’inscrit dans une démarche moderne d’utilisation des nouvelles technologies, en proposant au même titre que Mappy des plans et des itinéraires gratuits sur internet.

De même, dans les années 1930, le groupe Michelin s’est investi dans la construction d’autorails, la fameuse Micheline, équipée de « pneurails » spéciaux, créés par la compagnie. Entre 1920 et 1970, la Société produisait également des plaques de signalisation routière, dont certaines sont encore visibles sur certaines routes de France.

Michelin et Compagnie naît en 1889, fondée par les frères André et Edouard Michelin, près de la place des Carmes, en lieu et place du siège social actuel (Rue Henri Barbusse). Comme le raconte l’histoire, suite à la visite d’un touriste anglais dont le vélo  (équipé de pneumatiques Dunlop) était crevé, ils inventent et brevètent en 1891 le pneu démontable pour bicyclette. En 1907, une deuxième usine ouvre ses portes sur le site de Cataroux et une troisième à Turin. 1908 voit l’invention du pneu jumelé pour les camions. En 1916, Michelin construit la première piste d’aviation cimentée qui permet le décollage des avions Bréguet-Michelin construits pour la guerre, d’abord offerts puis vendus à prix coûtant.  En 1926, c’est le premier Guide Vert qui voit le jour, édité sur la Bretagne. En 1927, l’usine compte plus de 10 000 employés à Clermont-Ferrand.

Siège Social des Établissements Michelin

Siège Social des Établissements Michelin

En 1944, Michelin signe un accord secret avec l’Etat-Major Allié pour la réimpression de cartes Michelin à Washington afin de faciliter la progression des troupes après le débarquement de Normandie.

En 1970, les établissements Michelin emploient plus de 30 000 personnes à Clermont, contre environ 14 000 aujourd’hui.

Le paternalisme de Michelin a fortement marqué la ville, notamment dans la création des cités Michelin, dans de nombreux quartiers de la ville. Toujours présentes pour la plupart, rénovées depuis, elles ont été en majorité rachetées par les employés de la Manufacture. En outre, le paysage clermontois demeure fortement marqué par Michelin. A l’entrée de Clermont-Ferrand, les rampes d’essai communément appelées « les Pistes » sont toujours visibles même si désaffectées (un projet de réhabilitation est en cours). Le stade de rugby accueillant l’équipe ASM porte le nom de Marcel Michelin, et la grande avenue ouvrant sur Clermont porte le nom d’Edouard Michelin. De plus, sur pression de la Manufacture, Clermont est la première ville à avoir adopté un tramway bidirectionnel sur pneumatiques. Enfin, il subsiste également des traces des aménagements réalisés pour les employés Michelin : cliniques, piscine, coopératives etc. La coopérative de Mai, grande salle de spectacles de Clermont, est issue de la réhabilitation d’une coopérative Michelin.

Une Micheline, lautorail créé par Michelin

Une Micheline, l'autorail créé par Michelin

NB : La Société Michelin a récemment ouvert un musée dans une partie de ses bâtiments, rénovés pour l’occasion. L’Aventure Michelin, située derrière le Stade Marcel Michelin (rue du Clos Four) retrace l’histoire des créations Michelin.

23 juillet 2009 Publié par : | Histoire | , , , , | Laisser un commentaire

Fleur de lave à l’épreuve de la ville

Si Clermont s’est un jour réveillée pour changer, elle ne l’a pas fait par hasard. La rénovation urbaine qu’a connu Clermont ces 5 à 10 dernières années, et qu’elle connaît encore suit un axe bien précis : celui du tramway.

En effet, la réfection de la place de Jaude et la réhabilitation de nombreux quartiers suit le tracé de notre actuel tramway, qui a été le moteur de tout ce renouveau. Revenons sur sa genèse.

Histoire du tramway à Clermont

Lancien tramway clermontois Place de Jaude

L'ancien tramway clermontois Place de Jaude

Le premier tramway fait son apparition dans les rues de Clermont en 1890. Déjà, la ville se distingue en proposant le premier tramway électrique à captage de courant par perches (une plaque le rappelle sur une façade de l’Opéra). Jusqu’à la fin des années 1940, le réseau de tramway clermontois se maillera et se densifiera, en proposant un matériel moderne et confortable fortement apprécié des usagers.

Néanmoins, aux lendemains de la guerre, la politique du « tout-voiture » prendra le dessus et l’on supprimera peu à peu les voies de tramways, devenues gênantes pour la circulation automobile, pour les remplacer par des services d’autobus. Le dernier tramway circulera en décembre 1956.

Pour l’anecdote, de nombreuses sections de voies de l’ancien tramway n’avaient été que simplement recouvertes de bitume dans les années 1950. Lors des décaissements nécessaires à la création de la plateforme du nouveau tramway et à la réfection de la place de Jaude, des voies ont été redécouvertes !

Dès les années 1970, la municipalité prend conscience que la politique du tout voiture est un échec : la morphologie des rues clermontoises ne parvient plus à avaler le flot de véhicules, et la pollution et les nuisances sonores deviennent insupportables. Dès 1983, Roger Quillot alors maire sortant propose un premier projet de tramway. En 1990, le projet prend forme et des études sont lancées en 1992. Les deux grands axes actuels sont nés de ces études : un axe nord-sud qui relierait les Cézeaux à Champratel par le centre-ville (actuelle ligne A) et un axe est-ouest qui relierait la gare SNCF à Chamalières et Royat, là aussi par le centre-ville (actuelle ligne B).

En 1996, un appel d’offre est lancé, auquel répond Alstom en présentant son tout premier Citadis (qui équipe aujourd’hui un très grand nombre de villes). Clermont-Ferrand aurait été alors la première ville a en être équipée. Toutefois, fin 1996, la Chambre de Commerce, dans laquelle Michelin occupe une place prépondérante, fait pression pour faire échouer le projet, et y parvient. L’appel d’offres qu’avait remporté Alstom est annulé.

En 1999, un nouvel appel d’offres est lancé ; le SMTC fait le choix de limiter ce dernier à un tramway sur pneumatiques afin de contenter la Manufacture Michelin. Trois candidatures sont présentées : Irisbus avec le Civis, Bombardier avec le TVR et Lohr avec le Translohr. Les deux premiers modèles ayant connu de nombreux déboires, la municipalité opte pour le troisième.

Ainsi, à partir de 2003 et pendant trois longues années seront effectués les travaux de construction de la plateforme et du centre de maintenance, situé à Champratel.

Matériel et ligne

Le matériel retenu est dont le Translohr, une nouveauté présentée par le groupe spécialisé dans le transport de marchandises Lohr. Le SMTC opte pour le modèle de 4 éléments (STE4) de 32 mètres, pouvant accueillir jusqu’à 238 personnes. Il fait au départ l’achat de 20 rames, six nouvelles seront commandées et livrées en 2008. Il s’agit d’un engin sur pneumatiques, guidé par un rail central, alimenté par une caténaire. Sa traction pneumatique lui permet de franchir de fortes pentes (idéal dans notre ville vallonée) et d’être doté d’un faible rayon de courbure (parfait pour les petites rues). Il peut atteindre 70km/h et est doté de très bonnes capacités de freinage.

La ligne, qui constituera la ligne A, mesure 14,2km et s’étend de Champratel à la gare SNCF de la Pardieu, traversant les Vergnes, les Pistes, Montferrand, le 1er mai, les Carmes, Delille, Gaillard, Jaude, les facultés, la Place Henri Dunant (CHU), Saint Jacques, et enfin les Cézeaux. Elle a été mise en service en deux fois, d’abord jusqu’au CHU – Place Henri Dunant fin 2006, puis jusqu’à la gare de la Pardieu mi 2007. Elle totalise 31 arrêts. Sa construction aura coûté 290 millions d’euros, comprennant en outre une vaste opération de rénovation urbaine.

La mise en service n’aura pas été sans difficultés. Après plusieurs mois d’essais – à noter que le Translohr n’avait jamais circulé dans aucunes villes auparavant – le Translohr connaît son premier incident. Une des rames, pourtant vantée indérraillable, « déguide » lors de la montée du viaduc Saint-Jacques. Un fragment automobile (issu d’un accident survenu plus tôt) présent près du rail de guidage en serait la cause. Cet incident survint quelques jours avant l’inauguration, qui eut tout de même lieu sur une portion réduite de la ligne et à vitesse modérée. L’entrée en service commercial fut quant à elle différée d’un mois, le préfet ayant apposé son veto. L’installation de nouveaux systèmes de sécurité (dont un nouveau dispositif appelé DDO – dispositif de dégagement d’objets – permettant d’écarter tout objet coincé dans le rail de guidage) et la mise en place d’un service régulier de nettoyage de la plateforme permit l’entrée en service du Translohr.

Le nouveau tramway Place de Jaude

Le nouveau tramway Place de Jaude

La nouvelle donne

L’entrée en service du tramway clermontois aura permis une refonte complète du maillage de transports dans l’agglomération, notamment par la création de deux lignes fortes : la ligne A (la ligne de tramway) et la ligne B, reliant la place du 1er mai à Royat via la gare SNCF et la place de Jaude.

Le tramway clermontois, très critiqué à sa mise en service en raison de son coût, non pas d’installation – qui reste dans la moyenne des tramways – mais de son coût à venir d’exploitation (matériel fragile, pièces issues exclusivement de chez Lohr, etc…), et boudé des commerçants qui avaient peur de perdre de la clientèle en raison de la disparition progressive des automobiles en centre-ville, connut un énorme succès et transporte aujourd’hui entre 40 000 et 54 000 voyageurs par jour.

De plus, une rénovation urbaine complète accompagne le tracé de tramway.

Aujourd’hui, le prolongement de la ligne A au-delà de Champratel, vers les Vergnes et le Stade Gabriel Montpied et d’ores et déjà prévue pour l’horizon 2010.

La transformation de la ligne B en ligne de tramway est également en projet. Des études sont aujourd’hui en cours, après que la municipalité chamaliéroise ait enfin accepté l’idée d’un tramway sur son territoire.

1 juillet 2009 Publié par : | Transports | , | Laisser un commentaire

   

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